Le retour à Skäldhameau...
À quelques heures du lac Kaldora, le transporteur s’arrêta:
- Venez nous rejoindre à cet endroit d’ici 2 jours. Dit Rudolv en donnant une carte à Radvar. Ne soyez pas en retard, nous avons besoin de tout notre temps pour explorer la mine.
- Compris, vous pouvez compter sur nous, ça ne devrait pas être trop long. Répondit aussitôt Radvar en lui serrant le bras.
Les représentants de la Famille Naesir en Rivesonge s’enfoncèrent dans la forêt noire vers l’est.
***
Brokkr fit le tour du feu et s’approcha de Radvar en lui mettant une main sur l’épaule:
- Neveu, es-tu vraiment sûr que ce que nous nous apprêtons à faire est la chose honorable ?
- Nous n’avons plus d’autre choix, mon oncle. Ce qui s’est produit est totalement impardonnable et relève pratiquement de la félonie, ça ne peut pas rester comme ça. Leur règne de pouvoir s’arrête demain. Maintenant, il n'y aura plus qu'un seul chef. Ce sera une grande responsabilité, mais je suis prêt à ça, pour moi, mon fils et les prochaines générations. Le temps où j’étais un chef à l'assurance vacillante est révolu, je ne suis plus le même Douaris depuis notre avancée en Rivesonge...
- Si Radvar le dit, c’est que nous y sommes, il n’y a plus d’autre solution, Brokkr. Dit Frewin en aiguisant son épée.
- Aaaah, j’ai toujours su que nous allions en arriver là. L’une de mes 36 femmes m’en avait parlé il y a plusieurs dizaines d’années, que je me ramasserais à faire quelque chose comme ça. Il faut croire que les femmes ont souvent raison…
Eirian le regarda avec des yeux remplis de confusion en tenant son bol de salade.
- Fermez-la et allez dormir, vous en aurez besoin demain. Dit Toralia d’un ton autoritaire
- Toujours là pour casser la fête, celle-là ! beugla Fergus avec sa chope de bière dénuée de goût dans sa grosse main.
Le feu s’éteignit tranquillement au milieu de la famille qui s’endormit.
***
- Aujourd’hui marque un grand jour, un jour où notre famille va changer à tout jamais. Un jour où nous allons enfin être libres, enfin arrêter de suivre des gens ne comprenant pas la réalité de nos jours. Préparez vos armes, préparez vos flèches, prenez vos boucliers, et avançons vers le changement et continuons de construire notre légende. Aujourd’hui, personne ne tombera au combat, nous allons tous combattre, non pour tuer, mais pour reprendre ce qui nous revient de droit. Il est temps que je reprenne les rênes ! Cria Radvar.
Aussitôt que le silence tomba, Fergus commença à chanter une chanson de combat. La marche était entamée.
***
Le cor de guerre retentit, les bannières de la famille Naesir volaient au vent sur une colline surplombant le village de Skäldhameau.
Une fois que le chef et son groupe mirent le pied dans Skäldhameau, Radvar cria :
- Peuple de Skäldhameau, soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! Nous ne voulons pas tuer d’innocents, seulement régler le problème de notre village. La main de fer des Aînés a assez duré, il est temps de rétablir l’ordre des choses. Marchez avec moi pour la gloire des ancêtres!
Certains villageois hésitèrent, d’autres ont couru vers les jupons des Aînés, les valeureux rejoignirent les rangs, derrière Radvar.
- Pour Sokol ! Pour Naesir ! gueula Draugh.
- Pour Skäldhameau ! Cria à l’unisson le reste du groupe.
Un peu après les cris de guerre, un géant défonça les portes de la maison principale, l’utilisant pour bloquer le tir de baliste de Raymond. Bragour l’imposant jeta la porte par terre et fonça droit vers le mur de boucliers formé par le groupe. Fergus se précipita devant le reste de sa famille et bloqua le violent coup de poing. Un bruit si fort qu’il aurait pu être confondu avec le tonnerre retentit à l’impact. Le coup était tellement lourd et puissant qu’il en fit craquer le bouclier de Fergus et lui fit plier les genoux.
-Je m’occupe de ce gros gaillard, continuez sans moi, je ne suis pas prêt à aller au Raçan ! gueula Fergus, pendant qu’une ombre passait derrière lui.
***
Peu après, une bombe fumigène fut lancée, bloquant ainsi la vision du groupe. Dans le sifflement d’une lame, la corde de la baliste rompit.
- Puisque vous êtes de notre village, je vous laisse l’honneur d’entendre ma voix avant votre mort. Je suis Yelak la Sournoise, je prendrai votre dernier souffle. Avec son expérience militaire, Draugh n’hésita pas une seconde et fonça avec son bouclier vers la voix. Son bouclier frappa Yelak de plein fouet, mais pas avant que sa dague ne perce son bras.
- Ursula, Raymond et moi allons-nous occuper de cette prétentieuse, continuez votre chemin, nous vous rejoindrons. Cria Draugh
***
Quelques centaines de mètres plus loin, trois flèches furent décochées d’une main de vétéran. Deux des trois flèches se logèrent dans le bouclier d’Erian, mais la dernière s’approchait dangereusement de son visage. Sortie de nulle part, la flèche se fracassa sur le plat d’une épée.
- Ha Ha ! Me voici, me voilà ! Encore ici pour sauver la donne ! Que feriez-vous sans mes sages paroles et ma lame rapide telle ma langue ! dit Orryn d’un ton farceur.
Erian le dévisagea avec dégoût, mais tout de même avec un brin de reconnaissance.
- Content de te voir, mais je dois dire que je ne me suis pas trop ennuyé de t’entendre. Dit Erian.
- Allez, jeunes chenapans, Erian et moi allons bien malmener cette archère, dit Orryn au reste du groupe.
Puis, il se retourna vers la femme et dit :
- Bien, bien, Helkyr Flèche d’Acier, je dois dire que j’ai déjà combattu une très bonne archère par le passé. Par contre, je ne pense pas qu’elle était aussi douée que vous. Voyons ce qui est le plus résistant, votre flèche ou mes paroles ? Ceci dit, ça me rappelle un vieux dicton de ma jeunesse : qu'est-ce qui est le plus lourd, une épée ou une plume ? Ceci est une bonne question, et je pense que nous allons en apprendre plus après ce combat. Mais j’espère que ça ne sera pas trop long, je n’avais pas fini de boire ma cervoise, je ne suis pas encore assez saoul, et tout le monde sait qu’un combat est plus intéressant et plus amusant sous l’effet de l’alcool…
- Assez Orryn, concentrons-nous sur le combat avant que je devienne fou. Le coupa Erian.
***
Une douaris sauta du toit de la maison principale en jetant une lance bien aiguisée en direction d’Arn. En un mouvement, Brokkr plaqua Arn au sol et bloqua la lance qui se logea dans son bouclier.
- Tu n’es définitivement pas la mère de mon fils, Arn, si tu l’attaques à vue comme ça ! Pourtant, tu es bien belle, dame Jylka la Chasseuse, ça m’aurait fait plaisir de t’avoir comme femme, mais maintenant ce n’est plus possible. Dit Brokkr.
Jylka regarda Brokkr du même air confus que Grimm et Radvar.
- Allez, mes neveux, Arn et moi allons nous occuper de cette charmante beauté.
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Radvar, Grimm et Frewin entrèrent dans la maison principale. L’ambiance de la maison était totalement différente de l’extérieur. Le chaos et les bruits d’armes de l’extérieur étaient complètement inaudibles. Au milieu de la maison se dressait une longue lignée de feux crépitants, et au fond, se dressait une immense chaise. Dessus était assis le chef des Aînés : Ackerys, immobile, les regardant d’un calme absolu et un regard rempli de mépris.
***
Les coups s’enchaînaient sans cesse. De plus en plus, les genoux de Fergus pliaient sous les attaques lourdes de Bragour. Au moment où le bras de Fergus allait flancher, l’ombre passa derrière le géant. D’un coup de lame souple et rapide, le tendon de la jambe droite de Bragour fut rompu, ce qui le déstabilisa et arrêta ses attaques pendant un court instant. Sans perdre de temps, avec un cri de guerre, Fergus asséna un coup de bouclier au colosse qui recula de deux pas, puis enfonça le peu de ce qui restait de son bouclier dans la cuisse blessée de celui-ci.
- On peut toujours compter sur toi, Olag ! Dit Fergus entre deux respirations.
- Je suis toujours là pour ma famille. Allez, Fergus, il est temps de gagner ce combat ! Répondit Olag avec un sourire.
Bragour ne resta pas déstabilisé longtemps et arracha le morceau de bois ensanglanté de sa cuisse sans même ciller, et s’élança vers les deux combattants. Fergus bloqua le premier coup de poing avec son épée avant de lui asséner un coup de poing en plein ventre. Malheureusement, le géant ne broncha point et frappa violemment le visage de Fergus, ce qui le fit tomber à genoux.
- Aaah, Fergus, mon frère, nous avons mené tellement de combats côte à côte, je me suis longtemps demandé qui serait le plus fort d’entre nous deux. Ton défaut a toujours été tes vieux genoux et ta confiance hors norme. Dit Bragour.
- Si seulement j’avais une bonne bière qui goûte la vraie bière, marmonna Fergus puis rétorqua : Et toi, tu te fies trop à tes poings, je te parle de géant à géant, c’est ce qui va causer ta perte.
Olag profita de la discussion pour se lancer vers Bragour avec l’intention de lui planter son épée courte dans son flanc. Le colosse anticipa l’attaque et lui attrapa son bras armé pour ensuite lancer Olag sur un arbre proche, où il perdit connaissance. Fergus s’avança d’un pas rapide, prêt à lui asséner un coup de son épée. Bragour empoigna son poignet et lui fit échapper son arme. Le colosse ne perdit pas de temps et frappa avec sa main libre, Fergus le bloqua sans difficulté et s’ensuivit un combat de poings complètement égalitaire.
- Allez, Olag ! Réveille-toi ! Prouve ta foi en Werden et viens combattre ! défia Fergus.
Chaque coup qui faisait contact était automatiquement répliqué par l’adversaire, comme si les deux géants étaient enfin à force égale. Cela ne dura pas puisque Fergus commençait à arriver à bout de souffle, ses coups étaient de plus en plus lents alors que son ancien frère d’armes ne semblait pas s’épuiser. Quand le combat semblait perdu, Olag asséna un violent coup rapide sur le côté de la tête de Bragour avec une grosse pierre. Le géant tomba raide. Fergus se laissa tomber sur ses genoux avec les deux mains par terre, de la sueur coulait le long de son visage meurtri d’ecchymoses. Il avait peine à reprendre son souffle, tous les muscles de son corps criaient de souffrance. Olag, de son côté, était haletant debout devant le corps de Bragour.
***
Une deuxième grenade fumigène éclata, la brume s’épaissit jusqu’à ne plus rien y voir sauf un gros nuage blanc-gris. Les bruits de pas pouvaient être entendus de partout. Draugh, Ursula et Raymond étaient tous dos à dos, prêts à bloquer les attaques et y répondre. Puis, deux lames sortirent de la brume : l’une atteignit la jambe de Draugh, ce qui le fit tomber à genoux. La deuxième atteignit l’épaule de Raymond, il recula de deux pas et s’enfargea sur le dos de Draugh avant de tomber par terre. Yelak s’avança rapidement avec l’intention d’achever Raymond ; d’un vif mouvement, il dégaina son pain et le planta dans le pied de la douaris sournoise, ce qui la cloua en place. Draugh et Ursula profitèrent de son immobilisation pour enchaîner plusieurs coups qui furent tous bloqués de peine et de misère. L’une des dagues de Yelak s’enfonça dans le bras d’Ursula, ce qui l’empêcha de continuer ses attaques. La deuxième dague dévia l’épée de Draugh, ce qui le déstabilisa. Yelak en profita pour se libérer du pain et retourna dans le banc de fumée. Raymond se leva et se mit à courir vers l’ombre de la baliste. Les prochaines attaques ne se firent pas attendre, mais Draugh était prêt, chaque coup était bloqué l’un après l’autre. Le fait de protéger Ursula en même temps que lui-même ne permettait pas à Draugh de passer à l’offensive.
- Arrête de te cacher et montre-toi ! Je n’aurais jamais imaginé qu’une fière combattante de Skäldhameau aurait si peu d’honneur et aurait même peur d’entrer en combat avec nous ! beugla Draugh.
Piqué par la remarque de Draugh, Yelak s’élança vers lui, les dagues prêtes au combat. Mais Draugh se doutait de cet élan d’impulsivité et fit enfoncer les armes de son ennemie dans son bouclier et d’un coup la désarma. Raymond ne perdit pas une seule seconde et attacha Yelak avec la corde rompue de la baliste. Draugh assena un coup de pommeau derrière la tête de l’aînée qui tomba au sol.
- Ça t’apprendra à nous prendre de haut, et surtout d’attaquer ma femme. Dit Draugh d’un souffle.
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Orryn s’élança vers Helkyr sans aucune hésitation, il arriva rapidement sur une ruée de flèches et dut se lancer au sol pour les esquiver indemne. Eirian fit tout son possible pour bloquer les flèches qui venaient vers lui, il attendit le sifflement de la flèche qui lui effleura la joue. Le sang se mit à couler sur sa joue et tomba au sol.
- Savez-vous que le sang est très primordial à la vie dans le corps humain ? Si nous voulons continuer à vivre, nous devons conserver une certaine quantité de sang dans notre corps, sinon que faire ? Que faire ? Dit Orryn, il poursuivit : Le saviez-vous, dame la Flèche, que vos flèches sont faites d’un matériel très résistant ? Regardez, le plat de mon épée a été entaillé par la flèche que j’ai bloquée un peu plus tôt. De plus, je fais très attention de bien entretenir mon arme. Maintenant, je vais devoir passer plus de temps à la réparer que je vais pouvoir en passer à la taverne. Je ne suis pas sûr d’aimer ce résultat…
- Tu parles trop. Rétorqua Helkyr.
- Mais qu’est-ce que nous serions tous si nous ne pouvions pas parler ? La parole nous permet de s’exprimer et de…
Orryn n’eut pas le temps de terminer sa phrase que de nouvelles flèches étaient déjà décoches en sa direction à une vitesse fulgurante. Le jeune douaris n’eut que le temps d’en bloquer une que la deuxième s’enfonçait dans son épaule gauche. Il esquiva la troisième de justesse et la quatrième fut bloquée avec une vitesse surnaturelle par Orryn. Erian profita du moment de distraction pour réduire grandement la distance qui le séparait d’Helkyr. Il tenta d’asséner un coup d’épée qui fut bloqué par une flèche dont la douaris avait décidé de se servir en mimant une dague. Le coup de pied d’Orryn fit contact avec les côtes de la douaris qui plia en deux. Eirian en profita pour lui asséner un violent coup de bouclier qui l’envoya valser.
- Vous savez, un muscle prend du temps à se guérir, mon épaule ne sera pas aussi malléable avant quelques semaines. Oh, j’oubliais, saviez-vous qu’un coup de bouclier d’une telle force vous fait souvent tomber sans connaissance ? Mais ça, je pense que vous le saviez puisque vous n’avez plus l’air toute là maintenant. Eh bien, allons-nous boire, Eirian ? Dit Orryn en s’accroupissant à côté du corps d’Helkyr.
- Orryn, elle ne t’entend même pas, est-ce que ça vaut vraiment la peine d’expliquer tout ça ? Dit Eirian.
- Mais voyons, bien sûr que c’est utile, et si elle m’entendait ? Nous ne pouvons pas vraiment savoir…
- Laisse-moi me reposer un peu, Orryn.
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Une lance vola vers Brokkr et se planta au sol, juste devant lui. D’un mouvement rapide, Jylka utilisa l’arme plantée pour donner un puissant coup de pied joint directement dans l’estomac de Brokkr, ce qui le fit reculer de quelques mètres. Jylka s’élança avec souplesse vers le vieux douaris avec l’intention de le transpercer, mais la lance fut déviée de justesse par Arn, qui venait tout juste de se relever.
- J’aime bien mes femmes quand elles sont fortes et brutales. Dit Brokkr en un souffle.
- Mon père, je pense que nous devrions nous concentrer sur le combat, elle ne sera pas une adversaire facile, je n’ai pas autant d’expérience que vous deux. Dit Arn d’un ton inquiet.
Jylka, sans même dire un mot, enchaîna une rafale de coups consécutifs vers Brokkr et Arn. Sa lance était tellement rapide que c’était comme c’était un serpent, elle faisait des mouvements qui semblaient impossibles à première vue; seul un œil expérimenté pouvait déceler la technique derrière. Brokkr décida de brandir sa lance, avec peine et misère, il réussit à peine à effleurer la tempe de son adversaire. Arn, de son côté, essayait seulement de trouver une ouverture, un moment où il pourrait envoyer un coup sans se faire tuer immédiatement, mais, avec son manque d’expérience, il ne pouvait que se défendre.
- Tu vas devoir utiliser ton imagination, petit, elle est beaucoup trop forte pour toi. Lança Brokkr.
- Je sais, je sais, mais je n’ai même pas le temps de penser ! Répondit Arn entre deux respirations.
Le temps que prit Arn à répondre lui fut fatal : la première lance lui transperça la jambe droite, et la deuxième l’épaule gauche. Le jeune douaris tomba à genoux, le regard vacillant de douleur. Le sang ne prit pas de temps à gicler de ses plaies béantes.
- Arn ! Reste éveillé ! J’ai besoin de toi ! Prends sur toi et combats ! beugla Brokkr, paniqué.
Jylka profita du désarroi de Brokkr pour asséner plusieurs coups vers lui. Il eut à peine le temps de bloquer les quelques premiers avec son bouclier avant que celui-ci ne se brise en mille morceaux, affaibli par les nombreux coups. Elle fait exprès de viser certains points de mon bouclier pour le rendre plus fragile, elle m’a eu ! À quel point cette femme a de l’expérience en combat, c’est complètement absurde, pensa Brokkr. Le vieil amnésique n’avait plus d’autre choix que d’être plus pressant dans ses attaques ; sans bouclier, il n’avait plus le droit à l’erreur. Pendant que Jylka était occupée par les attaques incessantes de Brokkr ; Arn revint temporairement à lui, il prit du sable qui s’était mélangé avec son sang et le lança en plein visage de la Douaris.
- PAR SOKOL ! Hurla Jylka.
Brokkr profita de ce court moment pour asséner un violent coup du plat de sa lance sur le côté de sa tête, elle tomba sans connaissance.
- Tu devrais mourir pour ce que tu as infligée à mon fils, ta beauté ne te sauvera pas. Dit Brokkr en se précipitant vers Arn.
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- Tu ne mérites pas l’épée des Naesir, Radvar. Tu es un chef ignoble qui n’est capable de bien diriger ta famille, tu es une honte pour l’incroyable chef qu’était ton père. Tu as récolté bien plus de défaites que de victoires en Rivesonge, tu as même réussi à t’attirer le fourbe d’une créature mythique. Cracha Ackerys.
- Tous tes mots n’ont plus aucune valeur, tu as trahi la tradition la plus importante des Naesir : La famille. Menacer son propre chef de se faire exiler… à quel point tu es tombé bas, Ackerys. Le règne de pouvoir que les aînés ont toujours eu sur les chefs est terminé, nous sommes là aujourd’hui pour finalement y mettre fin. Répondit Radvar.
- Tu n’as aucune idée de comment c’est en Rivesonge, Ackerys, c’est beaucoup plus compliqué que ce que tu crois. Nous avons dû prendre des décisions extrêmement difficiles, tu n’aurais sans doute pas tenu un an là-bas. Nous devons gérer les engeances, mais surtout, les nations présentes. Dit Grimm.
Ackerys se tourna vers Frewin.
- Chef de la garde, tue les jumeaux, ils ont été inaptes à leurs fonctions. N’oublie pas que je suis plus haut que le chef de la famille, tu te dois de m’écouter même si tu es de la garde rapprochée.
- Jamais, mon devoir est de protéger mon chef contre quoi que ce soit, je ne briserai jamais mon serment. Répondit Frewin.
- Alors discuter ne nous mènera à rien, ça me fera un plaisir de vous achever personnellement. Dit Ackerys avec un sourire narquois.
Le chef des aînés se leva tranquillement de sa chaise, empoigna ses deux armes : des épées colossales. Radvar empoigna lentement son pommeau et dégaina son épée légendaire ; l’épée des Naesir. Grimm mit sa main dans son dos et dégaina sa Jötun. Frewin, bouclier en main, épée dans l’autre se mit directement devant Radvar pour le protéger. Le premier coup de l’aîné fut sans avertissement et arriva à toute vitesse. Frewin bloqua la lame avec son bouclier qui explosa sur le champ et fit virevolter le jeune douaris plusieurs mètres plus loin. La deuxième attaque visa Grimm qui réussit à bloquer l’attaque en utilisant toutes ses forces. Radvar utilisa une chaise non loin pour sauter et prendre de la hauteur et essaya de prendre l’aîné par surprise. Sans aucune difficulté, Ackerys dévia l’arme du jeune chef et lui donna un coup de tête ; Radvar tomba par terre, sous le choc.
- Vous êtes tous pitoyables ! Comment le général de la garde rapprochée peut être aussi faible et tomber d’un seul coup ? Radvar, tu es une honte pour notre famille. Et toi, Grimm, je vois un peu de potentiel, mais ça reste décevant. Ria Ackerys en repoussant le frère du chef.
Ackerys leva ses deux épées dans les airs, avant de les descendre précipitamment vers Grimm. Le jeune douaris eut tout juste le temps de bloquer les deux armes, mais la force des coups le fit tomber à genoux. Frewin se releva et fonça vers Ackerys avec la pointe de son épée, mais l’aîné avait prédit le mouvement, glissa son arme sur la Jötun de Grimm et frappa Frewin de plein fouet du plat de sa lame. Radvar s’était relevé et essaya de sectionner le bras droit d’Ackerys, mais celui-ci lâcha son arme, empoigna le poignet du chef et lui enfonça son genou dans l’estomac ; Radvar tomba sur le dos mais se rattrapa avec une roulade. Grimm avança rapidement avec l’intention de pousser Ackerys au sol, mais l’aîné descendit rapidement sa lame. Grimm vit l’attaque et réussit à sauter vers l’arrière et esquiva l’arme de justesse, mais pas assez rapidement puisqu’il avait été atteint au front du côté droit. Le sang ne prit pas de temps à couler de sa blessure, ce qui l’aveugla du côté droit. Radvar et Frewin foncèrent chacun de leur côté vers Ackerys. L’aîné donna un coup dans la direction de Frewin, mais le général la dévia, il tourna sur lui-même et prit le bras d’Ackerys en dessous de son aisselle.
- Grimm ! Hurla Frewin.
Du peu que Grimm voyait, il asséna un coup qui sectionna le bras gauche de l’aîné qui était immobilisé. Pendant que tout ça se passait, Radvar évita le coup de poing qui venait dans sa direction et avec un coup vers le haut, sectionna le bras droit d’Ackerys. Ses deux bras gisant sur le sol, l’aîné tomba à genoux, vaincu.
- Ton règne se termine maintenant. Dit Radvar en s’approchant lentement d’Ackerys.
Le chef victorieux planta son épée en plein milieu de la gorge de l’aîné et d’un rapide coup sectionna le côté droit. Radvar empoigna les cheveux de l'ainé maudit et tira de toutes ses forces pour départir sa tête de son corps.
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Radvar, Grimm et Frewin sortirent de la maison principale, ils étaient sur le petit balcon de celle-ci, au plein milieu du village.
- Fils et filles de Naesir ! Aujourd’hui, nous avons mis fin au règne de pouvoir des aînés corrompus de Skäldhameau ! C’est un grand jour pour nous tous, tout ça va inspirer un grand vent de changement pour notre village ! Je compte sur vous tous pour continuer de me suivre et continuer à vivre votre vie de bons varnois ! Les aînés vivants, qui auront choisis la voie de la trahison, recevront la rune du criminel et seront exilés chez les sans-totem, qu'ils soient bannis à jamais! Cria Radvar en présentant la tête sectionnée d’Ackery, avant de poursuivre: J'ordonne que cette maison soit complètement détruite, une statue titanesque de notre ancêtre et fondateur Sokol y prendra maintenant place! Nous devons tout ce que nous avons aujourd’hui à notre chef fondateur, que jeunes et anciens s'en souviennent!
***
Sur le chemin vers la sortie du village, Radvar, Grimm et Frewin arrivèrent devant Brokkr, à genoux proche de son fils Arn. Le pauvre était ensanglanté, mais le vieux médecin dit qu’il survivrait, mais que ça prendrait beaucoup de temps avant qu’il puisse remanier une arme. Ils rencontrèrent ensuite Orryn et Eirian, les deux étaient entamés dans un monologue. Radvar, Grimm et Frewin étaient très contents de savoir qu’Orryn était présent et qu’il avait grandement aidé. Les trois douaris arrivèrent devant Draugh, Raymond et Ursula, la brume s’était finalement dissipée. En apprenant qu’Arn était gravement blessé, Ursula se précipita pour porter main-forte à Brokkr. Radvar et Grimm aidèrent le vieux Fergus à se relever pour marcher avec lui vers la sortie pendant que Frewin parlait avec Olag.
***
Une fois les blessés ramenés à l’infirmerie, les représentants de la famille Naesir se rendirent à leur transporteur où s'impatientait Toralia assise dans une charette. Ils repartirent tous vers la mine de Talmiria, pour y rejoindre les Kotsbars, pendant que Toralia réparaient leurs armes et leurs armures.
P.S Ce lore est une gracieuseté de nos jumeaux adorés
Grimm et Radvar Naesir
